Et si vous vous trompiez sur la confiance ?

« J'aimerais avoir confiance avant de jouer. » Mais confiance en quoi ? Si votre confiance dépend de la certitude de gagner, vous allez rapidement rencontrer un gros problème : personne ne sait ce qui va se passer sur un court.

3 min de lecture

Un joueur construit sa confiance par le travail et l'action

« J'aimerais avoir confiance avant de jouer. » Je comprends. Mais il y a une question derrière cette phrase : confiance en quoi ?

Dans votre coup droit ? Dans votre niveau ? Dans votre capacité à gagner ? Parce que si votre confiance dépend de la certitude de gagner, vous allez rapidement rencontrer un gros problème. Personne ne sait ce qui va se passer sur un court de tennis.

1. Vous pouvez tout préparer sans connaître le résultat

Vous pouvez avoir parfaitement préparé votre match. Vous pouvez avoir très bien joué toute la semaine. Vous pouvez être meilleur que votre adversaire. Vous pouvez même mener 5-2. Et pourtant, vous ne savez pas si vous allez gagner.

2. La confiance n'est pas la certitude de gagner

Je préfère une autre définition : la confiance, c'est la capacité à s'engager avec conviction dans ce que l'on peut faire, même lorsque l'on ne connaît pas l'issue.

Cela change beaucoup de choses. Parce que je ne vous demande plus de croire que vous allez gagner. Je vous demande de croire que vous êtes capable de jouer votre jeu, même lorsque vous ne savez pas comment le match va finir.

3. La confiance se construit par l'expérience

Elle ne se construit pas en vous répétant « Je suis fort. » Elle se construit lorsque vous accumulez des expériences qui vous montrent que vous êtes capable de faire face.

  • Vous essayez quelque chose.
  • Vous réussissez.
  • Vous échouez.
  • Vous observez.
  • Vous ajustez.
  • Vous recommencez.

Et progressivement, vous savez davantage comment vous fonctionnez lorsque le match devient difficile. C'est cette connaissance-là qui devient une forme de confiance.

4. Alors, sur quoi pouvez-vous réellement compter ?

Pour construire cette confiance, il faut commencer par distinguer ce que vous pouvez contrôler de ce que vous ne pouvez pas contrôler. Vous ne contrôlez pas votre adversaire. Vous ne contrôlez pas la qualité de son prochain coup. Vous ne contrôlez pas le résultat. Vous ne contrôlez pas toujours vos émotions.

  • Votre intention et vos choix.
  • Votre attitude et votre engagement.
  • Votre routine et votre attention.
  • Votre capacité à revenir au point présent.

C'est précisément le principe des objectifs de moyens : déplacer votre attention de ce qui est incontrôlable vers ce qui dépend réellement de vous.

5. La confiance commence peut-être quand vous acceptez de ne pas savoir

C'est peut-être le paradoxe du tennis. Vous voulez avoir confiance pour pouvoir jouer. Mais vous devez parfois accepter de ne pas savoir ce qui va arriver pour pouvoir vraiment jouer.

Vous pouvez être nerveux. Vous pouvez douter. Vous pouvez être mené. Vous pouvez penser que votre adversaire va gagner. Et malgré tout : vous vous engager sur le point suivant.

La confiance n'est donc pas forcément « Je vais gagner. » Elle peut être « Je ne sais pas si je vais gagner. Mais je sais comment je veux jouer. »

Et cette phrase, pour moi, change beaucoup de choses. Parce qu'elle ne vous demande plus de prédire l'avenir. Elle vous demande simplement de vous engager dans le présent.

Et si la confiance était finalement la capacité à jouer malgré l'incertitude ? C'est précisément ce que je cherche à développer avec les joueurs que j'accompagne. Pas un joueur qui ne doute jamais. Pas un joueur qui ne ressent jamais de pression. Pas un joueur persuadé qu'il va gagner avant même d'entrer sur le court.

Mais un joueur qui connaît son fonctionnement, qui sait sur quoi porter son attention et qui dispose de repères lorsque le match devient difficile. Pour que, le jour où vous serez à 5-5, vous n'ayez pas besoin de savoir comment le match va finir. Vous sachiez simplement comment jouer le point qui arrive.